Protection
Asile et statut de réfugié en France 2026
La demande d'asile passe par la SPADA puis le GUDA en préfecture, et l'OFPRA décide : il reçoit le dossier complet sous 21 jours. Un refus se conteste devant la CNDA sous 1 mois, ou 10 jours en procédure accélérée (depuis le 12 juin 2026). La protection temporaire des Ukrainiens est à part, jusqu'au 4 mars 2028.
L’asile et la protection temporaire sont deux régimes distincts, avec des règles différentes. Cette page explique la différence, les organismes, les étapes et les délais, sans promesse juridique. Pour votre situation personnelle, adressez-vous à un avocat ou à une association spécialisée.
Asile ou protection temporaire
- La protection temporaire est le mécanisme exceptionnel de l’UE pour les personnes déplacées d’Ukraine le 24 février 2022 ou après cette date : ressortissants ukrainiens qui y résidaient avant, apatrides et ressortissants de pays tiers qui y bénéficiaient d’une protection internationale ou d’une protection nationale équivalente, et les membres de leur famille. La France délivre une autorisation provisoire de séjour (APS) de 6 mois, renouvelée pendant toute la durée de la protection ; elle donne le droit de travailler, sans autorisation de l’employeur. La protection est prolongée jusqu’au 4 mars 2028 (décision du Conseil de l’UE 2026/1912 du 30 juillet 2026 ; la nouvelle échéance s’applique à partir du 5 mars 2027).
- L’asile est le statut de réfugié ou la protection subsidiaire ; c’est l’OFPRA qui décide.
Ce sont des régimes distincts : un bénéficiaire de la protection temporaire peut aussi demander l’asile ; pendant l’examen, il reste sous protection temporaire, et en cas de rejet il la conserve tant qu’elle court.
Les organismes
- SPADA - la structure de premier accueil : en dehors de l’Île-de-France, on s’adresse directement à la SPADA de son département ; elle remplit le formulaire d’enregistrement et délivre la convocation au GUDA, où le rendez-vous a lieu sous 3 jours (10 jours en cas de forte affluence ; OFPRA, version du 03.06.2025).
- GUDA - le guichet unique en préfecture (préfecture + OFII), enregistre la demande. Dans le Val-d’Oise, c’est le pôle territorial France Asile qui le remplace depuis le 19 mai 2025.
- OFPRA - l’organisme qui décide de l’asile.
- CNDA - la cour nationale du droit d’asile, l’instance d’appel.
- OFII - les conditions d’accueil, l’ADA.
Les étapes de la demande
- SPADA - obtenir le formulaire d’enregistrement et la convocation au GUDA.
- GUDA - la demande est enregistrée ; une attestation de demande d’asile est délivrée, qui donne le droit de séjour pendant l’examen. Elle est valable 10 mois en procédure normale et 6 mois en procédure accélérée, et renouvelée pendant toute la procédure. En procédure Dublin, cette attestation n’est pas délivrée.
- OFPRA - envoyer le dossier complet sous 21 jours à compter de la date de délivrance de l’attestation ; en général, un entretien personnel suit.
- Décision de l’OFPRA : elle arrive dans votre espace personnel en ligne ou par lettre recommandée. Si vous n’ouvrez pas l’espace dans les 15 jours, la décision est réputée notifiée le jour de sa mise en ligne, et c’est à cette date que court le délai de recours.
- Recours devant la CNDA - dans le mois suivant la notification en procédure normale, et sous 10 jours en procédure accélérée (de même pour une décision d’irrecevabilité et en procédure à la frontière). Détails dans le tableau ci-dessous.
Les délais de recours devant la CNDA
| Procédure | Délai de recours (demandes depuis le 12 juin 2026) | Rester en France pendant le recours |
|---|---|---|
| Normale | 1 mois à compter de la notification | le recours suspend l’éloignement |
| Accélérée | 10 jours à compter de la notification | le recours n’est pas suspensif automatiquement : le droit de rester se demande au juge administratif |
| Irrecevabilité, procédure à la frontière | 10 jours à compter de la notification | le recours ne suspend pas l’éloignement : la mesure d’éloignement peut être contestée devant le tribunal administratif |
Ces délais valent pour les demandes déposées depuis le 12 juin 2026 ; pour les demandes déposées avant, le délai de recours est de 1 mois.
L’aide juridictionnelle se demande dans les 15 jours suivant la notification en procédure normale : le délai d’un mois pour former le recours est alors suspendu. En procédure accélérée et à la frontière, la demande d’aide doit figurer dans le recours lui-même. Sources : OFPRA et CNDA, versions du 11.06.2026 et du 21.07.2026.
Qu’est-ce que la procédure accélérée
Depuis le 12 juin 2026, une demande suit la procédure accélérée si le demandeur est ressortissant ou résident habituel d’un pays d’origine sûr, ou d’un pays dont le taux moyen de protection dans l’UE ne dépasse pas 20 % (selon Eurostat) ; c’est aussi le cas pour une demande de réexamen, une demande déposée plus de 90 jours après l’entrée et dans plusieurs autres situations. En soi, cela ne change pas l’examen du fond, et l’OFPRA peut requalifier la demande en procédure normale.
Les deux formes de protection
- Le statut de réfugié (persécution pour la race, la religion, la nationalité, l’appartenance à un groupe social ou les opinions politiques) → une carte de résident de 10 ans. La préfecture a 3 mois à compter de la décision de statut pour délivrer la carte ; la demande se fait en ligne (ANEF) dès réception du courrier de reconnaissance.
- La protection subsidiaire (pas de critères de réfugié, mais une menace de peine de mort, de torture, ou une menace individuelle grave dans un conflit) → une carte pluriannuelle de 4 ans au plus.
L’OFPRA examine d’abord le statut de réfugié, puis la protection subsidiaire. Pour 2025, l’OFPRA a rendu 156 509 décisions ; le taux de protection est de 41,2 % (38,8 % en 2024) et le délai moyen d’examen de 163 jours, soit 5,4 mois (rapport de l’OFPRA, 27.07.2026).
Droit au travail et allocation
Le droit au travail n’est pas immédiat. Pendant les 6 premiers mois suivant le dépôt, aucune autorisation de travail n’est délivrée : pour les demandes déposées depuis le 12 juin 2026, ces 6 mois se comptent à partir de l’enregistrement au GUDA ; pour les demandes antérieures, à partir de l’introduction de la demande à l’OFPRA.
Si l’OFPRA n’a pas statué au bout de 6 mois, c’est l’employeur qui demande l’autorisation de travail : il faut votre attestation de demande d’asile et une promesse d’embauche ou un contrat ; la demande est examinée selon les règles générales applicables aux travailleurs étrangers, compte tenu de la situation de l’emploi ; l’administration a 2 mois, le silence vaut accord ; l’autorisation ne dépasse pas la durée de votre récépissé (6 mois) et est renouvelée jusqu’à la décision de l’OFPRA. Exception : la procédure Dublin. Depuis le 12 juin 2026, les personnes qui font l’objet d’une décision de transfert vers un autre État de l’UE n’ont plus accès au marché du travail. Source : service-public, F2741, vérifiée le 16.09.2026.
L’ADA (allocation pour demandeur d’asile) est une somme journalière selon la composition du foyer :
| Composition du foyer | ADA par jour |
|---|---|
| 1 personne | 6,80 € |
| 2 personnes | 10,20 € |
| 3 personnes | 13,60 € |
| 4 personnes | 17,00 € |
Si l’OFII n’a pas proposé d’hébergement, on ajoute 7,40 € par jour. Montants : service-public, page F33314, vérifiée le 01.04.2026 (actuellement en cours de mise à jour) ; en Guyane et à Saint-Martin, ils sont différents. L’ADA est ouverte dès 18 ans, aux personnes qui acceptent les conditions d’accueil de l’OFII, avec l’attestation et une demande à l’OFPRA déposée dans les 21 jours (sauf procédure Dublin). L’allocation est suivie par l’OFII, et l’agence ASP la verse sur une carte de paiement délivrée par l’OFII. Les bénéficiaires de la protection temporaire peuvent aussi avoir droit à l’ADA.
Où la demande est enregistrée dans le sud
La demande n’est pas enregistrée par la préfecture de chaque département, mais par l’une des quatre suivantes (service-public F2232, version du 07.05.2025 ; la page est indiquée comme en cours de mise à jour) :
| Préfecture | Départements |
|---|---|
| Montpellier | Aude (11), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48), Pyrénées-Orientales (66) |
| Toulouse | 31, 09, 12, 32, 65, 46, 81, 82 |
| Nice | Alpes-Maritimes (06), Var (83) |
| Marseille | Alpes-de-Haute-Provence (04), Bouches-du-Rhône (13), Hautes-Alpes (05), Vaucluse (84), Corse |
La préfecture qui vous concerne n’est pas forcément celle de votre département. Nous ne donnons pas ici les adresses ni les horaires des SPADA et des GUDA du Sud : nous n’avons pas de liste officielle pour eux.
Avertissement
Ceci est une information générale, pas un conseil juridique. L’asile est une procédure sérieuse aux conséquences réelles ; pour votre situation, adressez-vous à un avocat ou à une association spécialisée. Les délais de recours et les règles sur le droit au travail dépendent de la date de dépôt de la demande (voir plus haut) ; vérifiez les règles à jour sur ofpra.gouv.fr et service-public.gouv.fr.
Dans notre chat, vous pouvez demander quelles associations aident les demandeurs d’asile dans votre ville.
À voir aussi :
Sources
- Procédure normale vs procédure accélérée - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 11.06.2026. Vérifié le
- Mise à jour Pacte européen : quels changements pour les procédures devant l'Ofpra - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 21.07.2026. Vérifié le
- Étape 1 : la SPADA - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 03.06.2025. Vérifié le
- Étape 2 : le guichet unique ou le pôle territorial France asile - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 11.06.2026. Vérifié le
- Étape 3 : l'Ofpra - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 11.06.2026. Vérifié le
- Décision (étude de la demande d'asile) - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 11.06.2026. Vérifié le
- Procédure normale - Cour nationale du droit d'asile (cnda.fr), sans date. Vérifié le
- Procédure accélérée et décision d'irrecevabilité - Cour nationale du droit d'asile (cnda.fr), sans date. Vérifié le
- Accès au travail du demandeur d'asile - service-public.gouv.fr (DILA), F2741, vérifiée le 16.09.2026. Vérifié le
- En quoi consiste l'allocation pour demandeur d'asile (Ada) ? - service-public.gouv.fr (DILA), F33314, vérifiée le 01.04.2026, page en cours de mise à jour. Vérifié le
- Réfugié : titre de séjour, document de voyage et accompagnement - service-public.gouv.fr (DILA), F15401, vérifiée le 01.07.2026. Vérifié le
- Protection subsidiaire : statut, titre de séjour et titre de voyage - service-public.gouv.fr (DILA), F2689, vérifiée le 01.07.2026. Vérifié le
- Statut de réfugié, protection subsidiaire ou temporaire : quelles différences ? - service-public.gouv.fr (DILA), F299, vérifiée le 11.06.2026. Vérifié le
- Demande d'asile - service-public.gouv.fr (DILA), F2232, vérifiée le 07.05.2025, page en cours de mise à jour. Vérifié le
- Autorisation de travail d'un salarié étranger en France (APS « protection temporaire - Ukraine ») - service-public.gouv.fr (DILA), F2728, vérifiée le 18.06.2026. Vérifié le
- Décision d'exécution (UE) 2026/1912 du Conseil du 30 juillet 2026 (prorogation de la protection temporaire) - EUR-Lex (Conseil de l'Union européenne), 04.08.2026. Vérifié le
- Décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 (art. 2, personnes concernées) - EUR-Lex (Conseil de l'Union européenne), 04.03.2022. Vérifié le
- Réponse du ministère de l'Intérieur à la question écrite n° 01737 (APS de la protection temporaire) - Sénat, JO Sénat du 05.06.2025. Vérifié le
- L'Ofpra publie son rapport d'activité 2025 - OFPRA (ofpra.gouv.fr), 27.07.2026. Vérifié le