Titre d'un autre pays de l'UE
Titre de séjour d'un autre pays de l'UE : vivre en France
Avec un titre de séjour d'un pays de Schengen (Italie, Espagne, Allemagne et autres), vous pouvez séjourner en France jusqu'à 90 jours sur 180, mais les fiches officielles n'autorisent pas à y travailler. Pour vous installer : visa D, ou statut RLD-UE ou Blue Card ; délais, droit de 350 € et pièces ci-dessous.
Nous, « Vibe Sud de la France », ne sommes pas juristes : voici la marche à suivre telle que la décrivent les fiches officielles de Service-Public, le portail de la Commission européenne et les préfectures, avec la date de vérification pour chaque point (lu le 25.10.2026). La question revient souvent : titre de séjour ou statut de résident de longue durée-UE (RLD-UE) en Italie, en Espagne, en Allemagne, et l’envie de vivre et de travailler dans le Sud de la France. Combien de personnes dans ce cas sont dans notre communauté, nous ne l’avons pas compté et nous n’inventerons pas de chiffre. Vous pouvez exposer votre situation dans le chat de la communauté « Vibe Sud de la France » sur Telegram - déménagement et vie dans le Sud de la France : il compte 700+ membres. La page répond aussi sans le chat.
Quel est votre document et que permet-il
L’écart principal : « entrer » et « s’installer » sont deux choses différentes. Un court séjour dans l’espace Schengen est ouvert à presque tous les titulaires d’un titre de séjour de n’importe quel pays de Schengen. Vivre et travailler sur le sol français n’est plus possible sans titre français.
Les 90 jours concernent le titre de séjour d’un pays de Schengen (l’Irlande et Chypre n’en font pas partie).
| Votre document | Ce qui est possible tout de suite | Ce qu’il faut pour vivre et travailler |
|---|---|---|
| Titre de séjour ordinaire d’un autre pays de l’UE (travail, études, famille) | circuler jusqu’à 90 jours sur 180, sans travailler | visa D du consulat de France dans le pays qui a délivré la carte (F2728) |
| RLD-UE (résident de longue durée-UE) | circuler jusqu’à 90 jours sur 180, sans travailler | pas de visa D (F16162), mais demande de titre français au plus tard 3 mois après l’entrée (F2728) |
| Blue Card d’un autre pays | les mêmes 90 jours sur 180 | après 1 an dans le pays de délivrance (6 mois à partir de la 2e mobilité) : carte talent - carte bleue européenne, demande dans le mois suivant l’entrée (F16922) |
| Carte de séjour de membre de la famille d’un citoyen de l’UE, délivrée par un autre pays de l’UE | - | pas de visa D (F16162) ; quel titre est nécessaire après l’entrée et si l’on peut travailler, les sources ne le disent pas pour la carte d’un autre pays, détails : citoyens de l’UE et leur famille |
| Salarié détaché par une entreprise de l’UE | - | selon l’art. R5221-2 2°, une autorisation de travail française n’est pas exigée pour ce salarié, mais le CLEISS et la fiche F2728 écrivent autre chose : vérifiez auprès de l’inspection du travail ; sur le droit de séjour au-delà de 90 jours, les sources ne disent rien |
| Carte ICT d’un autre pays de l’UE | jusqu’à 90 jours pour la même mission, sans demande d’autorisation par l’employeur | au-delà de 90 jours : autorisation de travail et titre français (F2728) ; le visa D n’est pas exigé pour une longue mobilité ICT (F16162) |
Séjours jusqu’à 90 jours sur 180 : le travail n’est pas autorisé par les fiches
Le portail de la Commission européenne « Already in the EU? » indique qu’avec un visa de long séjour ou un titre de séjour délivré par un pays de Schengen, on peut se rendre dans un autre pays de Schengen pour 90 jours sur 180. Il faut toutefois expliquer le but du voyage, avoir de quoi vivre sur place et payer le retour, et ne pas être considéré comme une menace pour l’ordre public, la sécurité ou la santé. D’après la fiche F1765, pour franchir la frontière, il faut le passeport et le titre de séjour lui-même.
Travailler pendant ces 90 jours n’est pas autorisé d’après les fiches que nous avons lues. Pour une carte ordinaire, c’est la F2728 : elle « ne permet pas de séjourner ni de travailler en France ». Nous lisons « séjourner » comme « s’installer », et le court séjour reste régi par les règles de l’UE. Pour le RLD-UE, la préfecture de l’Hérault écrit la même chose en toutes lettres dans sa liste : la carte « n’autorise pas l’exercice d’une activité professionnelle en France ». Les exceptions (congrès, tournages et autres) sont décrites sur Service-Public pour les titulaires d’un visa C ; les fiches ne montrent pas si elles s’étendent aux titulaires d’un titre de séjour. Si vous avez besoin d’un déplacement professionnel ponctuel, demandez d’abord à la préfecture.
Deux réserves, pour ne pas s’inquiéter à tort ni se rassurer à tort. L’obligation de « déclarer son entrée » est citée dans la F1765 pour ceux qui n’ont pas de titre de séjour Schengen ; pour les titulaires d’un titre de séjour, elle n’en dit rien : nous n’écrivons pas « pas nécessaire », nous écrivons « non mentionnée ». Quant à l’enregistrement de l’entrée dans le système EES (F39104), il n’est pas exigé des « titulaires … d’un titre de séjour délivré par la France ou un autre État membre ».
RLD-UE d’un autre pays : un titre français sous 3 mois
Le statut de résident de longue durée-UE donne le droit de s’installer dans un autre pays de l’UE pour plus de trois mois, mais pas automatiquement. Le portail de la Commission européenne précise qu’il faut déposer une demande et obtenir un titre de séjour du second pays. On demande le plus souvent des ressources stables et régulières, une assurance maladie et un logement, et, pour travailler, la preuve d’un emploi. Le pays peut fixer des quotas (la demande peut être rejetée même si vous remplissez les conditions) et contrôler le marché du travail ; des restrictions d’accès à l’emploi sont admises pour une durée pouvant aller jusqu’à un an.
En France, on ne vous demande pas de visa D (F16162). Mais la carte elle-même « ne permet pas de travailler en France », et le titre doit être demandé « au plus tard dans les 3 mois après son entrée en France » (F2728). Si vous demandez un titre qui permet de travailler comme salarié (par exemple salarié), l’employeur demande, selon le titre, l’autorisation de travail sur la plateforme de l’administration ; sans elle, on ne peut pas travailler.
Ce qu’on demande en pratique, on le voit dans la liste de la préfecture de l’Hérault « Titulaire d’une RLDUE vers salarié » (PDF du 22.03.2022, page des listes mise à jour le 05.02.2026). C’est la liste des pièces pour une demande de carte salarié dans une seule préfecture, pas une règle générale pour tous les RLD-UE :
- copie de la carte RLD-UE d’un autre pays ;
- des ressources au moins égales au SMIC (majorées de 10 % pour une famille de 4-5 personnes, de 20 % au-delà de cinq membres), justifiées dans le pays qui a délivré la carte, plus une promesse d’embauche avec le salaire ;
- justificatif d’assurance maladie dans le pays de délivrance, en France ou assurance privée ;
- l’autorisation de travail que l’employeur a obtenue au préalable ;
- traduction des documents en langue étrangère par un traducteur assermenté.
La préfecture du Gard a sorti cette demande dans un formulaire en ligne distinct sur demarche.numerique.gouv.fr ; en sont exclus les titulaires d’un visa touristique C et d’un visa D d’un an. Une formule nationale unique pour savoir « où déposer », nous ne l’avons pas trouvée : on dépose apparemment à la préfecture du lieu de résidence, la prise de rendez-vous est indiquée sur son site. Nous n’avons aucune confirmation que, dans ce cas, on dépose via l’ANEF.
Le montant : la fiche F15898 (01.05.2026) donne pour la carte salarié 350 € (300 € de taxe + 50 € de timbre, en timbres fiscaux). Les PDF de préfecture de 2019 et 2022 indiquent d’autres sommes, elles sont périmées. Que le titulaire d’un RLD-UE paie la même somme, c’est notre déduction, parce que le titre est le même (salarié) ; vérifiez auprès de la préfecture.
Effet secondaire. Préfecture de la Haute-Garonne (PDF de 2019) : si un titre est délivré en France, le premier État de l’UE en est informé et le statut de résident de longue durée peut être retiré « dans certaines conditions ». Sur le portail de la Commission européenne, on perd notamment ce statut si l’on devient résident de longue durée dans un autre pays de l’UE ou si l’on a quitté le territoire de l’UE plus de 12 mois consécutifs. Avant de déposer, demandez ce qu’en dit le pays qui vous a délivré le RLD-UE.
Les années passées dans un autre pays de l’UE ne comptent apparemment pas. Le RLD-UE français (F17359) exige 5 ans de résidence légale et continue en France. La fiche ne dit pas en toutes lettres que « les années dans un autre pays de l’UE ne comptent pas » : c’est notre déduction de la condition ; elle nomme une seule exception, la Blue Card : si vous avez déjà 2 ans de Blue Card en France et que vous aviez auparavant vécu 3 ans dans l’UE avec une Blue Card, une carte nationale pour hautement qualifiés ou une carte d’asile, vous pouvez demander le RLD-UE.
Famille. Pour le conjoint du titulaire d’un RLD-UE d’un autre pays : carte « vie privée et familiale », demande dans les 3 mois suivant l’entrée, droit de 350 € (F2209). Elle ne permet pas de travailler pendant l’année qui suit la première délivrance. Il faut montrer que vous avez vécu ensemble dans un autre pays de l’UE, ainsi qu’une assurance maladie et des ressources stables ou la prise en charge par le conjoint. Les enfants reçoivent la même carte à 18 ans (à 16 ans s’ils veulent travailler).
Blue Card : s’installer après un an
Si vous avez la Blue Card d’un autre pays de l’UE et y avez vécu au moins un an, la France délivre la carte « talent - carte bleue européenne » sur des bases simplifiées (F16922, 01.06.2026). Le délai de la demande est court : « dans le mois de votre entrée en France ». À partir de la deuxième mobilité, 6 mois suffisent au lieu d’un an. Le portail de la Commission européenne dit la même chose pour les 12 mois et précise que vous demandez une nouvelle Blue Card dans le pays de destination.
Parmi les pièces pour ce cas, la fiche cite la Blue Card en cours de validité d’un autre pays de l’UE, avec 1 an de résidence là-bas (ou 6 mois) ; la liste complète est à l’étape 3 de la fiche. Le visa D n’est pas nécessaire (F16162). L’employeur n’a pas besoin d’autorisation de travail : la carte « vous autorise à séjourner et à exercer une activité professionnelle en France », et l’employeur est aussi dispensé de la taxe pour l’embauche d’un étranger (F16922).
Conditions de la Blue Card ordinaire en France d’après la même fiche : un diplôme d’au moins 3 ans d’études supérieures ou 5 ans d’expérience, un contrat d’au moins 6 mois et un salaire au moins égal au seuil, 59 373 € brut par an. La fiche n’écrit pas expressément que chaque condition s’applique de la même façon à la mobilité : le seuil et les pièces sont donc à préciser auprès de la préfecture. Droit : 350 € (50 + 300). La famille peut obtenir la carte « talent-famille » sans regroupement familial. Si la préfecture garde le silence, c’est un refus : au bout de 90 jours, et de 30 jours si vous avez déjà une Blue Card d’un autre État de l’UE.
Titre ordinaire : visa D depuis le pays de délivrance
Si vous avez un titre de séjour de travail, d’études ou de famille, ni RLD-UE ni Blue Card, la F2728 dit : demandez un visa de long séjour au consulat de France dans le pays de l’UE qui a délivré la carte. Il faut déposer la demande « auprès des autorités consulaires françaises du pays où vous vivez », au plus tôt 3 mois avant le départ (F16162). Si un travail est nécessaire, l’employeur demande l’autorisation de travail avant votre entrée, et après l’arrivée on valide le visa dans les 3 mois en payant 300 € (F15898, cela vaut pour le visa « salarié »).
Un changement de statut sur place pour un tel titre n’apparaît pas dans les textes que nous avons lus. Nous n’écrivons pas « interdit », nous écrivons « pas trouvé » et conseillons de poser la question au consulat avant le voyage.
Travailleurs détachés et ICT
Si c’est votre propre entreprise de l’UE qui vous envoie travailler en France (détachement, pas installation), l’article R5221-2 2° du Code du travail dispense de l’autorisation de travail française le salarié détaché au titre des articles L.1262-1 et L.1262-2 qui travaille de façon régulière pour un employeur établi dans l’UE, l’EEE ou la Suisse. Il n’en découle pas « on peut travailler et vivre ici aussi longtemps qu’on veut » : les sources que nous avons ouvertes ne répondent pas sur le droit de séjour au-delà de 90 jours, et nous ne le supposons pas. C’est un désaccord entre sources : le CLEISS écrit que l’autorisation de travail est nécessaire ; nous ne l’avons pas tranché.
À part, l’ICT (mutation intragroupe) : selon la F2728, le titulaire d’une carte ICT d’un autre pays de l’UE peut venir pour la même mission jusqu’à 90 jours, et l’employeur ne demande alors pas d’autorisation. Si la mission dure plus de 90 jours, l’employeur demande l’autorisation, et le salarié demande un titre en France. Le visa D n’est pas exigé pour une longue mobilité ICT (F16162).
Membres de la famille d’un citoyen de l’UE
Si votre titre est une carte de membre de la famille d’un citoyen de l’UE délivrée par un autre pays de l’UE, le visa D n’est pas nécessaire pour s’installer (F16162). Quel titre est nécessaire après l’entrée, les fiches F16162 et F2653 (sur la famille d’un citoyen de l’UE) ne le disent pas expressément pour une telle carte. Tout le reste sur la famille d’un Européen - pièces, délais et droits - se trouve sur la page S’installer en France en citoyen européen.
Ce que nous n’avons pas trouvé
Le texte du CESEDA, nous ne l’avons pas ouvert ; les directives de l’UE 2003/109/CE et 2021/1883, nous n’avons pas pu les ouvrir (EUR-Lex renvoie une réponse vide), et les sites immigration.interieur.gouv.fr et france-visas.gouv.fr répondent par un captcha. Il n’y a donc pas ici de citations de la loi elle-même, seulement des fiches officielles et des listes de préfectures. Les délais réels de réception à la préfecture de l’Hérault, nous ne les avons pas cherchés. Il n’y a pas non plus de citation directe sur la possibilité de travailler avec la Blue Card d’un autre pays jusqu’à 90 jours sans carte française : nous n’écrivons ni « on peut » ni « on ne peut pas ».
Pour aller plus loin
Si aucune de ces voies ne convient, voyez les types de titres de séjour et comment les obtenir, le visa pour la France et le titre de séjour : pièces et délais. Sur le travail et l’embauche : travailler en France quand on est russophone ; sur les salaires de la Blue Card et d’autres cartes : salaires en France.
Où poser vos questions
Les nuances du genre « à quelle vitesse a répondu la préfecture de l’Hérault » ou « que dit le consulat de Milan sur le visa D » ne se trouvent pas dans les guides : ce sont ceux qui sont déjà passés par là qui les connaissent. Nous n’avons pas de données du chat sur ce sujet, mais vous pouvez demander : dans le chat de la communauté « Vibe Sud de la France » sur Telegram - déménagement et vie dans le Sud de la France, ils sont 700+ personnes, et votre cas s’y trouve peut-être.
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- Regroupement familial 2026 : conditions et démarches
Sources
- Autorisation de travail d'un salarié étranger en France - fiche F2728, Vérifié le 18 juin 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Visa de long séjour (séjour de plus de 3 mois à 1 an) - fiche F16162, Vérifié le 09 octobre 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Carte talent : carte de séjour pluriannuelle d'un étranger en France - fiche F16922, Vérifié le 01 juin 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Carte de séjour "vie privée et familiale" - fiche F2209, Vérifié le 01 mai 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Travail d'un étranger en France : carte de séjour salarié/travailleur temporaire - fiche F15898, Vérifié le 01 mai 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Visa de court séjour Schengen - fiche F16146, Vérifié le 13 août 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Espace Schengen : quelles sont les conditions d'entrée et de circulation ? - fiche F1765, Vérifié le 12 octobre 2025 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Séjour en France de moins de 3 mois : enregistrement dans le système EES - fiche F39104, Vérifié le 10 avril 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Carte de résident de longue durée-UE (étranger en France depuis 5 ans) - fiche F17359, Vérifié le 01 juin 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Carte de séjour temporaire "visiteur" - fiche F302, Vérifié le 01 juin 2026 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Séjour en France de la famille d'un citoyen européen - fiche F2653, Vérifié le 08 avril 2024 - Service-Public.gouv.fr (DILA). Vérifié le
- Already in the EU? - sections "Going to another EU country during my long-term stay" and "Long-term residents", no date on the page - Commission européenne (Migration and Home Affairs). Vérifié le
- EU Blue Card - EU Immigration Portal, no date on the page - Commission européenne (Migration and Home Affairs). Vérifié le
- Code du travail, article R5221-2 - mis à jour le 26/04/2026 - Ministère du Travail (code.travail.gouv.fr). Vérifié le
- Liste des pièces à fournir: titulaire d'une RLD-UE délivrée par un autre pays (vers salarié) - PDF du 22.03.2022; page des listes mise à jour le 05.02.2026 - Préfecture de l'Hérault. Vérifié le
- Listes des pièces - section « Changement de statut », page mise à jour le 05.02.2026 - Préfecture de l'Hérault. Vérifié le
- Titulaire d'un titre de séjour résident long durée union européenne - formulaire en ligne, date non indiquée - Préfecture du Gard (demarche.numerique.gouv.fr). Vérifié le
- RLD-UE vers visiteur/étudiant/chercheur - PDF, métadonnées du 24.05.2019 - Préfecture de la Haute-Garonne. Vérifié le